La Hongrie a une longue tradition viticole et est surtout reconnue, de nos jours, pour sa production de vin de Botrytis (pourriture noble. Vin de dessert) similaire, en termes de production, aux Sauternes de la région de Bordeaux. Toutefois, la grande période communiste du début du XXe siècle a eu un effet dévastateur sur la production de vin en Hongrie, ainsi que dans la majorité des pays annexés à l’Union Soviétique. Les vignerons de l’époque, sous le joug de l’état communiste, ont eu l’ordonnance d’accroitre les rendements de production, sacrifiant ainsi la qualité au profit de la quantité. Cette surabondance de vin de piètre qualité fut ensuite utilisé par le gouvernement comme monnaie d’échange contre du gaz, de l’électricité ou des tracteurs. Ce n’est qu’en 1990, suite à la chute du mur de Berlin, que l’état Hongrois décida de privatiser l’industrie vinicole et permettre aux investisseurs étrangers de participer à la relève de la viticulture du pays. Depuis 1995, nous pouvons dire que la Hongrie a retrouvée ses lettres de noblesse sur l’échiquier vinicole mondial.
L’ouverture des frontières, suite à la chute du communiste a permis entre autres, la venue de vin comme ce merveilleux Pinot-Gris de la région de Buda, située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Budapest. Le Pinot-Gris est surtout réputé en Alsace où il donne des vins ronds, fruités et complexes. Ce Nekeas ne fait pas exception avec ses odeurs d’ananas, de litchi et d’abricot. En bouche, la surprise est instantanée. Le fruit, omniprésent, se déploie de façon remarquable en une rondeur fruitée et profonde. Une bonne acidité, quoique très bien compensée par le fruit, contribue à lui donner cette belle fraîcheur et cette texture tout en équilibre. La finale, quasi interminable, évolue de façon admirable sur la pêche et l’abricot. Décidément, un vin d’une qualité insoupçonnée qui flirt à merveille avec le saumon fumé. Une réelle découverte.